Fidest – Agenzia giornalistica/press agency

Quotidiano di informazione – Anno 33 n° 338

Apprendre à vivre sans leadership américain

Posted by fidest press agency su sabato, 7 novembre 2020

Les résultats de la présidentielle américaine sont guettés depuis cette nuit par les Européens, non sans anxiété. A l’exception notable de la Hongrie, de la Pologne ou de la Slovénie, les dirigeants de l’Union européenne seront clairement soulagés par une victoire de Joe Biden et inquiets à la perspective d’un second mandat de Donald Trump. L’issue du scrutin va infléchir la relation transatlantique et peser dans l’avenir du système multilatéral, tous deux chers à l’UE. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, s’est déclarée prête à bâtir un « nouvel agenda transatlantique » quel que soit le vainqueur du 3 novembre. Assurément, avec l’atlantiste Biden, la relation promet d’être plus courtoise et prévisible. Mais chacun sait qu’en aucun cas, elle ne sera un retour à la relation étroite de naguère. Non seulement, les Etats-Unis, dès avant la présidence Trump, se sont désinvestis politiquement des affaires de notre continent mais, plus largement, leur leadership mondial a reculé, comme la crise du Covid l’a trahi. Et une présidence Biden plus multilatéraliste, plus investie dans un partenariat avec le vieil allié européen, pourrait aussi n’être qu’une parenthèse. « Nous avons grandi avec la certitude que les États-Unis souhaitaient être une puissance mondiale. Si les États-Unis veulent maintenant renoncer à ce rôle de leur plein gré, nous devrons y réfléchir très sérieusement », prévenait Angela Merkel dans un entretien à plusieurs quotidiens d’Europe paru fin juin. Cette sérieuse réflexion s’impose au moment où les Européens appréhendent leur propre rôle de puissance, en particulier pour affronter un environnement proche des plus instables, du Sahel au pourtour de la Russie. La posture que le bloc européen doit définir pour sa relation avec Washington, sur les plans commercial et sécuritaire notamment, fera l’objet d’une grande conférence que notre think tank organise le 8 décembre, pour l’essentiel virtuellement – Covid oblige – avec notre Vice-Présidente, Nicole Gnesotto, et en partenariat avec la fondation Gulbenkian. Mais quel que soit le regain d’intensité, ou de dégradation, de la relation transatlantique, les Etats-Unis ont déjà largement marqué de leur empreinte nos sociétés contemporaines. Dans les modes vestimentaire, alimentaire, audiovisuel mais aussi commercial (Black Friday ce mois-ci), managérial et linguistique, l’américanisation a fait son œuvre. Dans notre imaginaire politique européen aussi. Sans remonter au rêve hugolien des « Etats-Unis d’Europe » et aux « Pères fondateurs », les appels récurrents à un New Deal, à des plans Marshall ou à un moment hamiltonien s’appuient sur des références américaines. Et les projets de « GPS européen » (Galileo), jusqu’aux récentes idées de « Magnistky Act » européen ou d’un « Barda » européen, sigle de l’autorité fédérale américaine de recherche biomédicale, ont toujours un précédent outre-Atlantique pour benchmark. Depuis les débuts de la construction européenne, là où des esprits hexagonaux ne peuvent envisager l’Europe autrement que comme une sorte de France en plus grand, d’autres la conçoivent en imitant Washington. Mais le processus d’intégration communautaire trace, par essence, sa voie originale. L’Europe sait parfois affirmer des préférences et ambitions collectives propres. A l’instar de sa législation sur la protection des données personnelles (RGPD), de celle tout récemment proposée encadrant le niveau des salaires minimums, de la future taxe sur le numérique européenne ou du vaste Pacte vert européen en chantier.La brûlante question climatique est d’ailleurs celle qui pourra rapprocher, avec Biden, ou au contraire davantage éloigner, avec Trump, les trajectoires européenne et américaine, selon l’éventuel retour des Etats-Unis à l’accord de Paris, dont ils se retirent officiellement aujourd’hui. Ces trajectoires se resserreront aussi ou non dans l’attitude à tenir dans les échanges avec un régime chinois affirmant plus que jamais son propre modèle. A cet égard, la troisième et non moins fondamentale question déterminante pour les relations UE/Etats-Unis portera sur l’avenir de la démocratie libérale. Mais elle exige d’abord des Vingt-Sept de s’entendre entre eux alors qu’ils tentent péniblement de surmonter leurs divergences sensibles sur le respect de l’état de droit, au risque que la mise en œuvre de la relance européenne ne devienne un feuilleton hollywoodien. .Sébastien Maillard, Directeur de l’Institut Jacques Delors

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