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Quotidiano di informazione – Anno 34 n° 201

Institut Jacques Delors: Le choc des 9 mai

Posted by fidest press agency su sabato, 7 Maggio 2022

Chômé pour les fonctionnaires européens, passant le plus souvent inaperçu pour le commun des mortels, le 9 mai promet cette année de se faire plus remarqué. La journée n’opposera pas moins que deux rapports au monde. A Moscou, Poutine inscrira son invasion sanguinaire de l’Ukraine dans l’exaltation du souvenir de la « Grande guerre patriotique », que l’armée rouge remporta en 1945 contre le nazisme. Cette même idéologie que le maître du Kremlin ose prêter aujourd’hui au gouvernement du président Zélensky et qu’il prétend combattre. A Strasbourg, de leur côté, les grands dirigeants de l’UE se succéderont pour rappeler les fondements de ce qu’on pourrait nommer par contraste la grande paix européenne. Celle posée avec à la fois hardiesse et humilité par Robert Schuman le 9 mai 1950.L’opposition des deux commémorations dessinera ce qui lie, en premier lieu, des peuples européens des plus divers : l’attachement à la démocratie libérale dans son sens politique. On le sait, le refus de laisser de telles démocraties s’épanouir aux frontières de la Russie motive la guerre que livre son président. Les Ukrainiens l’ont bien compris, comme les Moldaves et Géorgiens, frappant d’un même coup à la porte d’une Union européenne d’abord comprise comme garante de l’ordre démocratique et des libertés publiques qui en sont indissociables. Ce qui fonde l’appartenance européenne transparaît durant ce conflit plus que jamais.Pour autant, on sait aussi nos chères démocraties en fragile santé. En France en particulier, où l’abstention redoutée aux prochaines législatives, après celle déjà élevée à la présidentielle, traduit, entre autres symptômes, une perte de confiance dans les capacités de représentation sur laquelle la démocratie repose. Notre dernier webinaire Euroquestions fut l’occasion de le relever.Le 9 mai de Strasbourg s’annonce justement emblématique aussi à cet égard. Il verra la clôture de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, jusqu’ici trop largement négligée et pas seulement par les médias. Comme notre think tank n’a eu cesse de le répéter, l’exercice, en dépit de tous ses travers organisationnels, mérite d’être regardé de près dans sa manière d’impliquer des citoyens dans les choix collectifs, d’inventer un complément peut-être salutaire à une démocratie représentative parfois dépassée par sa base.Il serait présomptueux de prétendre, à ce stade, que la Conférence a pu imprimer un élan réformateur parmi les Vingt-Sept jamais franchement enthousiastes par l’initiative partie du président Macron. Mais les circonstances de la guerre et la perspective d’un futur élargissement changent la donne. Les 325 propositions finales fraîchement adoptées par l’assemblée plénière de la Conférence, en vue de la restitution officielle du 9 mai, seront à considérer. Plusieurs portent sur les moyens d’approfondir la démocratie européenne, dans son processus décisionnel, pour les élections du Parlement européen, pour rapprocher les élus des citoyens ou encore pour mieux appliquer le principe de subsidiarité. Sans attendre, l’actuel Parlement européen réclame la création d’une Convention chargée d’une nouvelle réforme institutionnelle. Et une majorité de députés européens vient de se prononcer pour la création de listes transnationales, qu’appuie la présidence française. Le mode de désignation du président de la Commission est aussi en débat. Les élections européennes de 2024 s’annoncent déjà différentes des précédentes. Quelques voix s’élèvent même pour que le scrutin se tienne partout le même jour, le 9 mai. Réformer l’Europe de la sorte est un patient travail collectif mais plus constructif et solidaire que d’aventureuses désobéissances nationales solitaires. Le contraste est déjà manifeste dans la manière de « faire l’Europe » entre le premier 9 mai de 1950 et celui de 2022. Entre le huis clos des négociations diplomatiques, qui débouchèrent sur le traité CECA, et les délibérations citoyennes formulant des propositions pour préparer l’avenir. A relire le chemin démocratique parcouru, il y a là un autre choc, cette fois à distance temporelle, des 9 mai. Sébastien Maillard, Directeur de l’Institut Jacques Delors.

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